AMIB.. Le secteur du béton préfabriqué souffre pour la 5e année consécutive

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A fin août, la production de la filière a enregistré un recul de 2,7% par rapport à la même période de l’année dernière. Quant à la consommation du ciment, elle a chuté de 4,9%. Selon Mehdi Maachi, président de l’Association marocaine de l’industrie de béton (AMIB), le secteur a consommé 742.000 tonnes de ciment contre 762.000 une année auparavant. Le chiffre d’affaires dégagé, en recul également, s’est établi entre 4,5 et 5 MMDH à fin 2017 et ressortirait en baisse également en cette année. Ce recul est dû à des problèmes conjoncturels tels que l’essoufflement des mises en chantier concernant le segment du logement économique et social.

De plus, «l’investissement public pose un problème. L’Etat a certes maintenu son rythme d’investissement, avec des montants représentant environ 32% du PIB ; mais les retards de paiement plombent l’activité de certaines sociétés. Ce qui se traduit par des difficultés de gestion de trésorerie des entreprises», souligne M. Maachi.

En parallèle, le secteur souffre des pratiques informelles d’entreprises de grande taille. «Ce n’est pas la petite usine artisanale employant 3 ou 5 personnes qui grève le secteur, mais plutôt les grandes usines avec des installations industrielles de taille. Celles-ci consentent des investissements importants avec des machines d’environ 20 MDH et, généralement, elles ont un pied dans l’activité au noir et un autre dans le formel», indique le président de l’AMIB.
La dynamique du secteur est tirée aussi bien par le segment résidentiel, dont notamment l’auto-construction, que par les travaux publics (assainissement, produits d’environnement, infrastructure…). Si l’activité du secteur est en recul, et ce, pour la 5e année consécutive, c’est en raison de problèmes conjoncturels tels que l’essoufflement des mises en chantier concernant le segment du logement économique et social. De plus, «l’investissement public pose un problème. L’Etat a certes maintenu son rythme d’investissement, avec des montants représentant environ 32% du PIB ; mais les retards de paiement plombent l’activité de certaines sociétés. Ce qui se traduit par des difficultés de gestion de trésorerie des entreprises», déplore M. Maachi.

La taxe spéciale sur le ciment de 150 DH/ tonne pénalise lourdement l’activité. D’autant plus que le principal concurrent du bloc en béton reste la brique rouge, qui, elle, n’est pas soumise à cette taxe. «Dans les logements sociaux par exemple, 70% des murs sont réalisés à travers la brique en terre cuite et 30% seulement en agglos. Et l’une des raisons pour laquelle les sociétés de construction optent pour la brique, c’est le prix additionnel à payer pour l’agglo», signale notre source. Soulignons que cette taxe représente 9 à 10% du prix de revient du bloc, répercuté évidemment sur le prix de vente. Pour surmonter ces problèmes, l’Amib modernise le secteur. L’une des réalisations est la mise en place en avril 2017, et pour la première fois, d’une norme relative à la poutrelle utilisée dans le plancher, en collaboration avec Imanor (Institut marocain de normalisation). L’association estime avoir respecté ses engagements tenus lors de la signature du contrat de performance en 2016 et qui s’étend jusqu’à 2020 entre la fédération des matériaux de construction, le ministère de l’économie et celui de l’industrie. A ce sujet, l’Amib s’était engagée à consentir un investissement de 2 milliards de DH, de générer une valeur ajoutée de 400 MDH et de créer 2700 emplois. Pour sa part, l’Etat s’est engagé, entre autres, à financer les études du secteur et à subventionner une partie des investissements des industriels. «Jusqu’à présent, près de 75% des investissements ont été achevés (nouveaux entrants ou extension d’activité d’anciens dans d’autres villes). Certains professionnels ont même déjà entamé leur activité et donc créé des emplois et cela toujours dans l’attente d’une subvention de la part de l’Etat», se désole M. Maachi.

Quant à ses objectifs, l’Amib est décidée à travailler pour l’installation d’usines de béton préfabriqué dans certaines régions éloignées comme Errachidia, Laâyoune, ainsi que dans les régions du Rif. «Pour cela, nous avons demandé à l’Etat de céder des terrains à la location dans ces zones. Rien n’a encore été fait, à l’exception d’une convention signée à Agadir lors d’une visite royale dont ont profité quatre industriels», précise M. Maachi. Cette initiative serait favorable aux entreprises de taille moyenne, sachant que les grandes sont déjà installées dans les principaux axes du pays. Pour ces dernières, l’association déploie des efforts en vue de les pousser vers davantage d’innovation. Les petites entreprises bénéficient quant à elles de formations pour se structurer. Dans son plan d’action pour cette année, l’association a organisé cinq formations gratuites concernant aussi bien la production et la maintenance que la comptabilité, le contrôle de gestion… La 6e est en cours de préparation.

 

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