Un train peut cacher un autre

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Comme toute fête, l’Aid Al Adha est l’occasion où les voyages prennent de l’ampleur, surtout les voyages par train. C’est le moment également de mettre au jour les problèmes du secteur ferroviaire, un service public est plus que déplorable. Retards, encombrement, problèmes d’aération et de climatisation, propreté… sont les doléances des voyageurs. Mais quelles sont les causes de ces problèmes ?

 Le retard des trains

Les voyageurs qui utilisent les trains sont souvent confrontés au problème du retard. Selon la définition adoptée par la SNCF française, et par l’ONCF: Pour un trajet d’une heure, comme celui de Rabat – Casablanca, une arrivée après 5 min de l’heure prévue, est considérée comme un retard. A partir de cette définition, les trains au Maroc enregistrent un taux de retard de 42% (et 17% de retards de plus de 15 min, sur un trajet d’une heure).

Ces retards sont dus à des problèmes de coordination et de communication. Par manque d’informations, plusieurs agents, qui se trouvent sur le quai de la gare, sont incapables de dire quand arrivera ou démarrera un train, ou même quelques fois, lequel démarrera parmi ceux qui sont stationnés dans la gare.

Il y a également le problème des défaillances du matériel. Dans son rapport annuel, la Cour des comptes note l’existence d’incidents liés aux composantes de l’infrastructure. Selon les magistrats, ce type d’incidents a enregistré « un pic en 2011 avec 102 incidents dus à une forte augmentation des ruptures et de soudures et cassure de rail». Ces incidents ont connu une «légère» augmentation en 2013 et 2014 avant de voir leur nombre réduit à 58 en 2015. Ces incidents influent lourdement sur le fonctionnement du réseau ferroviaire provoquant des retards.

Pour rappel, la moyenne annuelle des retards enregistrés de 2010 à 2015 est de 6.457 minutes pour les trains de fret et de 19.646 minutes pour les trains passagers, soit un peu plus de 327 heures en moyenne par an.

Soulignons au passage qu’un train a effectué le trajet Casablanca – Rabat en 2h20. Après une panne matérielle, le conducteur n’a pas trouvé utile d’en informer les passagers après 30 minutes à l’arrêt. La réaction des passagers n’a pas tardé. Ils ont décidé d’occuper la voie ferrée et de bloquer le trafic en attendant l’arrivée de responsables de l’ONCF et d’un train les ramenant chez eux.

Le risque de sécurité

Outre le retard des trains, les quais des gares ne facilitent pas l’accès des voyageurs au train en raison de la non-adéquation entre le dimensionnement des quais et le gabarit du matériel roulant qui subsiste en dépit de l’emmarchement installé sur certaines voitures. Ce problème et d’autres font courir aux passagers des risques de sécurité, dégradent la qualité du transport et augmentent le temps d’embarquement et de débarquement et par conséquent, les durées d’arrêt des trains.

Matériel ancien

D’après le rapport de la Cour des comptes, les locomotives sont anciennes. 47 % des locomotives électriques avaient entre 30 et 38 ans, 53 % des locomotives diesel de ligne avaient entre 40 et 47 ans et 43 % des locomotives diesel de manœuvre avaient entre 31 et 42 ans. Ceci impacte en partie le montant total du coût de maintenance passé de 295 millions de dirhams en 2010 à 422 millions de dirhams en 2015.

La maintenance fait défaut

Pour ce qui est de la maintenance du matériel, elle est encore gérée grâce à des « calendriers-programmes » basés sur « des prospections des tournées à pied », soulignent les magistrats de la Cour des comptes. La maintenance de la caténaire, de la signalisation et des ouvrages d’art n’est donc pas gérée par des systèmes informatiques contrairement aux maintenances dans le domaine de la voie.

Le projet TGV

Donc au lieu de lancer le projet TGV, on aurait mieux pensé à améliorer la sécurité des passages à niveau voire à les supprimer, ou à acheter de nouvelles rames, plus confortables et plus rapides. Et si on tient tellement à rouler plus vite, l’ONCF aurait pu envisager d’améliorer son infrastructure ferroviaire et permettre aux trains de rouler à des vitesses allant jusqu’à 200Km/h, et ceci, avec des investissements beaucoup plus raisonnables que ceux prévus pour un TGV roulant à 350 km/h.

 Encadré

Une attaque en plein voyage

En 2013, les passagers du train Tanger-Marrakech ont subi une attaque en plein voyage à quelques kilomètres de Ksar El Kébir. Un groupe de jeunes serait à l’origine du coup et aurait subtilisé des bagages à certains voyageurs. Les agresseurs ont arrêté le train une première fois avant de répéter leur acte en se servant de l’alarme. Ce qui a suscité l’inquiétude des passagers qui ont compris que quelque chose se tramait. Ils ont ensuite accompli leur forfait en prenant les valises de certains voyageurs qui se sont, par la suite, plaints de ces actes répétitifs dans cette zone.

 

 

 

 

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