Pour prévenir les prochaines pandémies, il faut une approche sanitaire unifiée

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Il ne faut pas sous-estimer le coût des pandémies et il ne faut également pas retomber dans le cycle classique de panique et de laisser-aller avant que des mesures pertinentes soient prises pour remédier aux causes profondes d’une crise sanitaire. Tels sont les grands risques contre lesquels a mis en garde Martien van Nieuwkoop, Directeur mondial Agriculture et alimentation à la Banque mondiale.

Il est grand temps d’investir dans des systèmes alimentaires sains pour un monde plus sûr, car de nombreuses maladies émergentes apparaissent à la croisée des chemins entre l’homme, le bétail et la faune sauvage, avec des conséquences désastreuses, souligne-t-il.

L’ampleur des effets de la pandémie non seulement valide les résultats des évaluations précédentes, mais elle met également en lumière les coûts entraînés par l’absence d’actions beaucoup plus précoces. Les coûts associés à ces problèmes sanitaires se chiffrent en milliards, voire en milliers de milliards de dollars. Selon des études scientifiques, les pertes découlant d’une pandémie grippale représenteraient environ 500 milliards de dollars par an, soit 0,6% du revenu mondial (et autant que les pertes dues au réchauffement climatique selon les travaux du GIEC), ajoute-t-il, notant que le coût de la lutte contre le coronavirus était 500 fois plus élevé que celui des mesures de prévention des pandémies et que certains anticipent même que l’économie mondiale pourrait perdre jusqu’à 21 000 milliards de dollars rien qu’en 2020.

La réponse aux crises est toujours plus pressante que la prévention, surtout lorsque les capacités sanitaires mondiales sont encore démesurément sollicitées. En outre, les dirigeants sont rarement récompensés pour avoir évité des catastrophes, relève ce directeur.

Par ailleurs, ce dernier précise que dans le cadre de son action contre la pandémie de Covid-19, la Banque mondiale fournit des financements destinés, d’une part, à renforcer la capacité de veille sanitaire des pays, et d’autre part, à améliorer les protocoles de partage des connaissances entre les organismes concernés.

Jusqu’à présent, environ 220 millions de dollars ont été engagés au profit d’activités menées cette année dans 13 pays selon cette approche unifiée de la santé. C’est toutefois loin d’être suffisant, surtout au regard de l’augmentation de la fréquence des pandémies observée ces dernières décennies. Les investissements actuels des gouvernements, de la Banque mondiale et de ses partenaires sont bien inférieurs aux 3,4 milliards de dollars par an qui seraient indispensables pour mettre sur pied et appliquer des mécanismes efficaces de prévention et de contrôle des zoonoses dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Et il ne sera pas facile de mobiliser les fonds nécessaires. Sachant que le coût de la lutte contre la pandémie en cours est colossal, il est également probable que les investissements dans la prévention et la préparation seront mis de côté, aussi pertinents soient-ils.

Pour sortir de cette impasse et ne pas réitérer nos échecs collectifs passés, nous devons repenser notre approche des zoonoses. La nécessité d’investir dans une approche unifiée de la santé commence à susciter une mobilisation au plus haut niveau. Ainsi la semaine dernière, l’Allemagne est devenue le premier pays donateur de Food Systems 2030, un nouveau fonds fiduciaire de la Banque mondiale visant à transformer les systèmes alimentaires pour améliorer la santé des populations, de la planète et des économies.

Par ailleurs, la Banque mondiale lance un nouveau chantier d’analyse et de conseil pour mieux appréhender la complexité posée par la mise en œuvre de l’approche «Une santé» tant sur le plan des financements que sur celui des institutions et de l’économie politique. Objectif : mettre en place une structure de financement qui fournisse un soutien durable aux interventions de prévention et de préparation contre les zoonoses dans le monde entier.

 

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