Risque de crise.. La Banque mondiale accompagne le Maroc à travers une assistance technique

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Depuis dix ans, l’équipe de la Banque mondiale chargée du financement des risques de crise et de catastrophe (CDRF) accompagne les autorités du Maroc à travers une assistance technique couvrant l’analyse des risques, l’élaboration d’une stratégie financière, la conception d’instruments et des conseils en matière d’action publique, indiquent Antoine Bavandi et Abdeljalil El Hafre dans un article paru récemment sur le site de la BM.

La Banque mondiale s’est appuyée sur son pouvoir de rassemblement pour réunir des parties prenantes clés venues du secteur privé et des marchés de l’assurance en vue de mettre sur pied une solide collaboration public-privé. Elle a par ailleurs mobilisé le soutien financier indispensable au renforcement des capacités du Maroc à s’atteler à un programme plus large, comprenant la réduction des risques de catastrophe, la consolidation de la protection sociale, la gestion des risques budgétaires et le développement des marchés financiers, précisent les auteurs de cet article intitulé «Maroc : développer le financement des risques de catastrophe en sollicitant les marchés privés pour transférer le risque souverain».

Le chemin parcouru

L’aventure a débuté en 2008, avec l’assistance technique de l’équipe de la CDRF, soutenue par le secrétariat d’État aux affaires économiques de la Suisse, afin d’évaluer l’exposition du royaume aux risques de catastrophes naturelles, de définir une stratégie ambitieuse de financement du risque et de faire appel à des instruments de marchés sophistiqués adaptés, rappellent-ils, notant que cet accompagnement de la direction du Trésor et des Finances extérieures du Maroc a également permis de définir un cadre juridique et de gouvernance national pour les risques de catastrophe, avec la constitution du Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC), un mécanisme de financement public pérenne qui vise à couvrir les populations non assurées et les ménages les plus vulnérables. Cela a également permis d’étendre les polices d’assurance — soutenues par les assureurs et réassureurs nationaux — afin d’y inclure le risque de catastrophe et de couvrir les dommages et les blessures corporelles des propriétaires de voiture, des propriétaires de maison, des entreprises et des industries assurés.

Deux opérations distinctes de réassurance pour les marchés d’assurance nationaux et le FSEC ont été finalisées depuis janvier 2020 afin d’assurer un apport rapide de liquidités (trésorerie) en cas de catastrophe grave en faisant appel aux marchés internationaux. Elles relèvent de la stratégie nationale de financement des risques de catastrophe, et permettent d’apporter une réponse financière pour 99 % des événements naturels susceptibles de frapper le Maroc.

Le Trésor marocain a en grande partie rendu possibles cette vision et ce niveau de sophistication financière, à la faveur de travaux techniques et analytiques considérables en vue d’améliorer la prise de décisions au niveau gouvernemental et de diversifier les options de transfert du risque en synergie avec les acteurs de l’assurance privée. La maturité du marché local de l’assurance et son organisme de réglementation, l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), ont joué un rôle décisif : ils ont garanti le niveau de surveillance nécessaire des capacités techniques et financières du gouvernement et soutenu la volonté de faire de l’assurance contre les risques de catastrophe au Maroc un nouveau produit à long terme adossé à des réglementations prudentielles adaptées et à un niveau de capitaux adéquat.

Le Maroc a désormais une longueur d’avance face aux autres risques de crise, liés aux épidémies et au changement climatique.  Au fil du temps, ses instruments financiers s’amélioreront et leur champ d’application se développera pour s’adapter aux nouvelles menaces, priorités et aux besoins de financement, font-ils savoir.

L’équipe CDRF de la Banque mondiale continuera d’aider le Maroc à améliorer sa stratégie et sa vision du financement des risques de catastrophe, grâce à une modélisation plus fine des risques, des informations en temps quasi réel tirées de données d’imagerie par satellite, des plateformes efficaces de gestion des sinistres et une protection financière étendue. Tout cela devrait déboucher sur un programme de protection financière encore plus efficace au Maroc, conçu pour bénéficier aux populations les plus vulnérables et créer une économie plus résiliente dans les années à venir, conclut-ils.

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