Pathologie et Entretiens des routes (PARTIE I/III)

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M.Mohamed Jamal Bennouna est ingénieur ESTP, expert MRICS et Docteur en Droit Comparé. Il est également professeur associé au CNAM Paris – EHTP – ISCAE – UIR – ESCA. Dans cet article, il revient sur un sujet loin d’être volatile en matière de BTP, à savoir la pathologie et l’entretien des routes.   

Les routes sont très sollicitées tant sous l’action des charges de trafic et de circulation, des conditions climatiques du pays ou de la région même, de l’entretien et maintenance des chaussées, ainsi que du vieillissement des matériaux menant les chaussées routières et leurs couches de roulement à se dégrader dans le temps. Ces pathologies ; caractérisées par des dégradations moyennes à graves ; peuvent être de différents ordres et sont la conséquence de problèmes d’origines diverses.

Il apparait donc primordial de définir avec précision ; autant que possible ; les causes et origines des dégradations naissantes afin de :

– Définir les solutions possibles et adéquates de maintenance, de réparation et de renforcement.

– Mettre en place un planning de réparation tant dans le temps que dans l’espace ;

– Choisir la ou les méthodes adéquates et durables de réparation : Il ne suffit pas de mettre en place des méthodes, matériaux ou procédés qui répondent à une urgence à court terme, mais bel et bien mettre en place une réparation durable dans le temps. Les réparations urgentes et à court termes sont, d’une part, coûteuses à long termes et ne présentent aucune sécurité à l’usager. Cette vision des choses est donc à proscrire.

1 – Importance du relevé des dégradations

À la base de toute stratégie d’entretien et de maintenance des routes, figure généralement un relevé des dégradations et pathologies de surface, ainsi que des interprétations qui lui sont associées. L’interprétation de ces dégradations permet au gestionnaire de la route de définir leurs origines et arrêter les moyens et méthodes de leurs réparations

En pratique, la dégradation de surface des chaussées constitue généralement, l’un des signes avant-coureurs ainsi que les indicateurs les plus précoces et les plus sensibles de l’évolution des caractéristiques structurelles et de surface des chaussées routières.  À titre d’exemple, un revêtement altéré laisse entrer l’eau au niveau des couches d’assise de la route, modifie l’uni longitudinal de la route, impacte fortement la macro-texture des couches et finit par donner une mauvaise image de l’état du réseau routier.

2 – Pathologies des chaussées

La route est ouvrage très sollicité et constamment éprouvé par des contraintes tant internes (matériaux constituant les couches, nature du sol, conception de la chaussée, exécution et contrôle des travaux de réalisation du projet), qu’externes produites tant par les véhicules, que par le climat régional. De ce fait, certaines dégradations peuvent apparaitre sur la couche d’usure de la chaussée et pouvant présenter un danger évident aux usagers de la route. Nous établirons dans la suite de cet article les dégradations les plus répandues et les plus rencontrées au niveau des couches d’usure des chaussées routières.

2.1 – Arrachement

 

L’arrachement est un phénomène se traduisant par le départ du mastic constitué de liant et de fines autour des granulats d’une couche de roulement en enrobés ainsi qu’un départ de gravillons se développant suivant des sillons parallèles à l’axe de la chaussée. Il se traduit généralement par l’un des aspects suivants :

– La pelade est un phénomène d’arrachement de la couche de roulement par plaques.

– Le glaçage est un phénomène qui se traduit par un aspect routier lisse et brillant de la couche de roulement et qui résulte en général de l’usure des gravillons ;

– Le plumage est un phénomène qui se caractérise par l’arrachement des gravillons de roulement ;

 

Causes probables des arrachements de matériaux

Erreur d’exécution des travaux : La nature du liant ainsi que celle des fines utilisés peuvent être à l’origine des arrachements des éléments constituant la couche de roulement.

Erreur de conception de la route : La faible épaisseur de la couche de roulement peut engendrer ces arrachements.

2-2 Nid de Poule :

Le nid de poule est un phénomène qui se caractérise par la création d’une cavité en surface de la chaussée par un départ très marqué de matériaux. Il se présente pratiquement comme un trou en surface qui peut causer des accidents très graves. Le véhicule passant sur un nid de poule à une vitesse de 90 Km/h peut être littéralement renversé et subir un tonneau ou au moins avoir un pneu littéralement détérioré. Malheureusement, ce phénomène est très présent sur les routes marocaines.

Évolution possible de ces pathologies

Si le nid de poule n’est pas réparé rapidement, la cavité va s’agrandir et aura un impact très négatif sur les couches inférieures par la stagnation ainsi que l’infiltration des eaux pluviales par la suite. De ce fait, la réparation sera plus importante et plus onéreuse.

Mohamed Jamal BENNOUNA

Ingénieur ESTP Expert MRICS et Docteur en Droit

Professeur associé au CNAM Paris – EHTP – ISCAE – UIR – ESCA

Email : [email protected]

 

 

 

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