Crise sanitaire.. Les six aspects à prendre en compte pour une reprise inclusive, selon la Banque mondiale

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Selon les dernières projections de la Banque mondiale, la crise sanitaire va entraîner entre 73 et 117 millions de personnes dans l’extrême pauvreté. En effet, les ménages pauvres ont moins de possibilités d’accès aux services de santé, d’eau et d’assainissement. L’enjeu d’une «reprise inclusive» s’impose dans la réponse d’urgence à la pandémie, lit-on dans un article paru dans le site de la Banque mondiale.

Assurer une reprise inclusive, c’est s’attaquer à l’exclusion et aux inégalités systémiques et tenaces que la Covid-19 a mises à nu. Quel que soit leur niveau de revenu, les personnes âgées et celles souffrant de certains handicaps ont plus de risques de contracter le virus.

Un récent rapport de la Banque mondiale a montré combien l’exclusion est coûteuse pour les sociétés et les économies. À l’échelle individuelle, ce coût est synonyme de niveaux d’instruction moins élevés, de problèmes de santé mentale et physique accrus, et de pertes de rémunération et de revenus durant toute la vie. À l’échelle nationale, le coût économique de l’exclusion se traduit par un manque à gagner en termes de PIB et de capital humain. Le Fonds monétaire international (FMI) a démontré que cette inégalité nuit à la croissance à moyen et long terme. Enfin, les griefs accumulés par ceux qui ont été laissés pour compte peuvent conduire à des tensions et des conflits, avec des coûts sociaux et économiques importants à long terme. C’est pourquoi les contours d’une reprise inclusive doivent faire l’objet d’une réflexion approfondie et d’une attention particulière.

Pour réaliser cette reprise inclusive, il faut prendre en compte six aspects :

Cerner les inégalités systémiques et tenaces, et savoir qui est exclu, comment et pourquoi. Déjà visibles avant la pandémie, de nombreuses distorsions dans les sociétés et les économies du monde entier étaient ont été exacerbées.

Etre attentifs aux nouvelles formes d’exclusion qui mettent en péril les avancées. Pour comprendre qui est affecté et comment, il faut suivre attentivement les effets de la pandémie sur les groupes actuellement exclus, tout en intégrant le risque de nouvelles formes d’exclusion.

Un besoin d’investissements solides dans les données et les analyses. Il faut disposer de données fiables pour combler le fossé de l’exclusion. Des données ventilées par âge, sexe, lieu de résidence, profession, origine ethnique, handicap et caractéristiques des ménages sont indispensables pour comprendre toutes les nuances du phénomène.

Veiller à ce que les individus disposent des outils nécessaires pour piloter leurs propres solutions. Une reprise inclusive exige d’écouter les besoins des individus et de les associer pleinement à la conception et au suivi des interventions.

Aider les États et les prestataires de services à rendre des comptes aux familles et aux communautés. Aujourd’hui, il est plus important que jamais de veiller non seulement à ce que les prestataires publics et non étatiques «écoutent» les populations les plus marginalisées au stade de la conception des interventions, mais aussi à ce qu’ils leur rendent des comptes au stade de la mise en œuvre.

Soutenir la conception de programmes de relance qui ciblent explicitement les populations exclues. Alors que des plans de relance post-COVID-19 sont mis en place dans tous les pays, ils négligent souvent de cibler explicitement les populations marginalisées. Il sera pourtant essentiel d’utiliser ces programmes pour soutenir des initiatives en faveur de l’emploi destinées aux groupes exclus et pour accompagner la création ou la croissance de petites et moyennes entreprises (PME) dirigées par des membres de ces populations.

K. FAKHIR

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