Les villes ont intérêt à revoir leurs systèmes d’éclairage public

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Le ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, Aziz Rabbah, a appelé, mercredi à Casablanca, les villes à revoir leurs systèmes d’éclairage public pour garantir davantage d’efficacité énergétique (EE).

Intervenant lors de la cérémonie d’inauguration de la 5e édition des rencontres africaines de l’efficacité énergétique, tenue sous le thème «l’éclairage public et smart cities», Aziz Rabbah a indiqué : «Les villes ont intérêt à revoir leur système d’éclairage public afin de minimiser cette dépense et utiliser la partie à gagner dans d’autres services pour répondre aux attentes de la population, en particulier les jeunes.»

Et de souligner : «Si on gagne ce pari, en réussissant à monter des solutions dans l’EE, cela nous donnera de l’appétit pour aller vers d’autres services». L’éclairage public, a-t-il relevé, est un catalyseur (trigger) pour aller vers une vraie ville durable.

Rabbah a donné, à ce propos, l’exemple du transport, premier consommateur de l’énergie en particulier celle fossile (environ 38%), ainsi que du bâtiment (presque 32%), estimant que l’instauration de cette logique de durabilité nécessite de commencer notamment par des «triggers», des «success stories» et des niches où il y a moins de contraintes et plus de possibilités.

Aziz Rabbah a, par ailleurs, mis l’accent sur le type de contrat à avoir dans le domaine de l’EE, faisant remarquer qu’il est important de repenser les sociétés de développement local (SDL) pour qu’elles soient plus larges et couvrent un marché vaste leur permettant de négocier l’approvisionnement à moindre coût.

Le ministre a noté qu’en plus des solutions, des technologies et du financement à travers les partenariats, la préparation des ressources humaines constitue également un élément important dans le domaine de l’EE.

«Celles qui existent actuellement ne sont pas suffisantes et ont besoin d’une transformation. Nous avons, en effet, besoin de ressources humaines dans le volet juridique, le management, le marketing et l’audit du système», a-t-il ajouté, soulignant que cette question de durabilité, de manière globale, et d’efficacité énergétique, en particulier, devrait être à la portée de tout le monde.

Rabbah a mis l’accent sur «l’importance de convaincre le citoyen que l’EE est dans son intérêt et de l’aider, ainsi, à réaliser sa liberté énergétique». «C’est une nouvelle dynamique. En Allemagne, 40% des citoyens utilisent des solutions propres. Ce taux est de 25% en Espagne», a-t-il expliqué. Et de relever qu’au Maroc, des dizaines de milliers d’agriculteurs commencent à utiliser des solutions d’efficacité énergétique.

Pour sa part, le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, a relevé la nécessité de décliner la stratégie nationale de développement durable au niveau territorial. «C’est justement le rôle des territoires et des villes», a-t-il poursuivi, indiquant que la ville de Casablanca s’acquitte d’une «facture de 150 millions de dirhams (MDH) rien que pour l’éclairage public».

El Omari a, à cet effet, précisé que Casablanca dispose d’un modèle de gestion délégué qui est intégré dans le cadre des autres métiers (eau, électricité, assainissement).

Sur le plan de la durabilité, il a cité le lancement du projet de mise en place d’une unité de valorisation de déchets pour la production d’énergie, ainsi qu’un appel à manifestation d’intérêt internationale. «Nous avons eu 11 entreprises internationales qui souhaitent produire de l’énergie à base de déchets».

De son côté, le Maire de Rabat, Mohamed Sadiki, a souligné l’importance de passer à la vulgarisation et sensibilisation en matière de l’EE car «les textes, seuls, ne vont pas faire de notre pays un leader africain et mondial dans ce domaine».

«Nous devons, dans ce sens, encourager la réalisation des études complémentaires à celles architecturales en termes de conception de logement qui répondent à cet objectif d’efficacité énergétique», a-t-il recommandé.

Sadiki a indiqué que Rabat fait face à un défi de consommation d’eau, ajoutant que les efforts se poursuivent pour trouver d’autres ressources, autres que l’eau potable, pour irriguer les espaces verts.

En termes d’éclairage public à Rabat, «nous n’avons pas encore pris la décision sur le modèle de gestion de ce domaine énergivore», a-t-il indiqué, précisant que la facture se chiffre à 85 MDH.

Pour rappel, la 5e édition des rencontres africaines de l’efficacité énergétique est initiée par AOB Group sous l’égide du ministère de l’Énergie, des mines et du développement durable, en partenariat notamment avec l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE). Cet événement a réuni des professionnels de l’écosystème énergétique et des villes ainsi que des experts de l’efficacité énergétique du Maroc et d’ailleurs.

A cette occasion, des élus et des acteurs de l’éclairage public ainsi que des bailleurs de fonds comme la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la banque allemande KFW vont exposer des cas concrets de projets en liaison avec le financement de l’éclairage public.

Au menu de cette édition, figurent plusieurs conférences notamment «l’éclairage efficace, pilier de la ville durable» et «projets concrets des villes marocaines» ainsi que deux workshops pour présenter les nouvelles solutions technologiques sur «efficacité énergétique et smart cities» et «financement et bailleurs de fonds».

MAP

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