Transport de personnel.. l’Amith-Fès conteste l’arrêté ministériel relatif à l’homologation des ceintures de sécurité

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Mercredi 19 Décembre à Fès, le Conseil national de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) de Fès a eu des discussions sur la question de l’arrêté ministériel 2851-10 (du 25/12/2010), relatif à l’homologation des ceintures de sécurité dans les transports de personnel. Cet arrêté stipule que les textiliens de Fès doivent investir dans des bus de transport respectant les normes de sécurité. Le deadline qui leur a été donné pour s’équiper de bus adéquats est fixé au 31 décembre 2018.

«Cette rencontre a permis aux textiliens fassis d’exposer leurs problèmes devant Karim Tazi, leur président national», souligne Mouhsine Idrissi, membre de l’Amith-Fès. Ce dernier fait part d’«une réflexion sérieuse menée au sein de l’Association afin de permettre aux opérateurs fassis de continuer à transporter leurs ouvriers sans contrainte».

Les textiliens, qui disposent actuellement de 186 camions de transport de personnel (pour 14.891 ouvriers), devront «investir 258 millions de DH pour s’équiper en 523 bus aux normes». «Nous conformer aux normes exige un investissement qu’on ne peut assumer. Le cas échéant, la plupart des opérateurs seraient même contraints à mettre la clé sous le paillasson», déplorent-ils.

«Nos zones industrielles, déjà asphyxiées par le transport actuel, ne pourraient recevoir des véhicules additionnels», indique Mouhsine Idrissi. Et d’ajouter: «Tous les opérateurs du secteur, y compris des multinationales, vont accentuer leurs mouvements de protestation si le gouvernement ne réagit pas».

Pour rappel, l’arrêté 2851-10 remonte à l’époque de Karim Ghellab. Parue dans le Bulletin officiel n° 5910  du 15 Safar 1432 (20-1-2011), la décision de l’ancien ministre de l’Equipement et des Transports définit les caractéristiques techniques relatives à l’homologation des véhicules des catégories M, N, O, L2, L4, L5, L6, L7 et T, en ce qui concerne l’installation des ceintures de sécurité et des dispositifs de retenue qui sont destinés à être utilisés séparément, c’est-à-dire comme dispositifs individuels, par des personnes adultes occupant des sièges faisant face vers l’avant ou vers l’arrière.

L’arrêté insiste sur l’importance des ceintures de sécurité et dispositifs de retenue qui sont destinés à être utilisés dans ces véhicules. Il en est de même pour les véhicules des catégories M1 et N1 en ce qui concerne l’installation de dispositifs de retenue pour enfants, ainsi que les véhicules de la catégorie M1 pour le témoin de port de ceinture.

Cet arrêté devait entrer en vigueur à la date de sa publication au Bulletin officiel (le 25 décembre 2010). «Toutefois, ses dispositions s’appliquent à partir du 1er janvier 2013 aux véhicules de fabrication locale et aux véhicules non mis en circulation avant cette date et homologués avant le 1er octobre 2010», lit-on dans son article 3.

«Resté en suspens plus de 7 ans, l’arrêté resurgit avec la nomination de Mohamed Najib Boulif au SE en charge du transport», déplore-t-on. Pour Driss Driri, président de l’Amith-Fès, «les textiliens fassis assurent, depuis les années 1980, le transport de leurs ouvriers». Et de souligner : «Contrairement aux unités de Casablanca et Tanger qui délèguent ce service, à des sociétés de transport, sous forme de shifts, ceux de Fès ont toujours offert le transport à leurs salariés».

Mais, ils ont été sommés, il y a quelques mois, par les centres de visites techniques, opérant sous la tutelle du Secrétariat d’Etat en charge du Transport, qui refusent de diagnostiquer leurs véhicules «inaptes au transport des personnes». Face à cette situation, les industriels ont fait moult tentatives d’intervention.

«D’abord avec Driss El Azami El Idrissi, maire de Fès et également président du groupe PJD au Parlement, qui a promis de discuter «officieusement» avec Mohamed Najid Boulif, SE (PJD) en charge du Transport, et puis avec Essaïd Zniber, wali de la région… Mais en vain», déplorent-ils. Et d’alerter: «face au manque de moyens, plus de 50% des unités de textile devront claquer la porte si jamais cet arrêté entre en application».

 

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