Banque mondiale.. Trois axes prioritaires pour rendre l’air plus pur et sauver des vies

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La lutte contre la pollution atmosphérique, principal risque environnemental pour la santé au niveau mondial, s’inscrit clairement dans la mission de la Banque mondiale. À l’occasion de la deuxième Journée internationale de l’air pur pour des ciels bleus, instaurée par les Nations Unies, la Directrice mondiale du pôle d’expertise en Environnement, ressources naturelles et économie bleue, Banque mondiale, Karin Kemper, invite «les responsables politiques et les partenaires du développement à suivre trois axes prioritaires pour rendre l’air plus pur et sauver des vies».

  1. Améliorer la disponibilité des données sur la qualité de l’air

 

Les stations de mesure au sol jouent un rôle essentiel dans la localisation de la pollution atmosphérique, l’identification de ses causes et l’évaluation de sa gravité. Or, ces stations sont très inégalement réparties dans le monde : un capteur pour 370 000 habitants dans les pays à revenu élevé, contre un pour 65 millions dans les pays à revenu faible.

Pour y remédier, la Banque mondiale soutient le déploiement de dispositifs de mesure dans les régions du monde sous-équipées. Selon une étude récente, les systèmes par satellite ne peuvent se substituer aux capteurs au sol dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. De ce fait, la Banque mondiale apporte son aide au développement de systèmes d’information environnementale. Dans un pays comme le Pérou, par exemple, cela consiste à étendre à six villes supplémentaires le réseau de contrôle de la qualité de l’air et à créer de nouveaux systèmes de diffusion d’informations sur la qualité environnementale auprès du public.

  1. Définir les sources de pollution de l’air à traiter en particulier, notamment les centrales thermiques au charbon et les véhicules diesel

Selon un récent rapport de la Banque mondiale concernant les effets sur la santé des différentes sources de pollution atmosphérique et de leur composition chimique, les émissions issues de centrales thermiques au charbon et de véhicules roulant au diesel sont particulièrement toxiques pour l’être humain et ont un lien constant avec l’infarctus. Un bon nombre de ces principaux polluants présents dans l’air et provenant des mêmes sources contribue en outre au changement climatique. Une gestion conjuguée de la pollution atmosphérique et des crises climatiques peut ainsi aboutir à des solutions bénéfiques à tous points de vue pour la santé humaine.

Mme Kemper donne l’exemple de la province chinoise du Hebei, où la Banque mondiale apporte son soutien aux autorités pour cibler les émissions dues au diesel et aux cuisinières à charbon, ainsi que celles d’origine industrielle, afin de réduire les concentrations en particules fines. En six ans, le niveau de concentration annuelle relevé dans le Hebei a ainsi diminué de plus de 40 %. Le déploiement de cuisinières plus propres dans deux villes de la province a suffi en soi à réduire les émissions annuelles de dioxyde de carbone dans la même mesure que si l’on avait retiré chaque année de la circulation 1,2 million de véhicules de tourisme.

  1. Lutter contre la pollution atmosphérique par-delà les frontières

La pollution atmosphérique faisant fi des frontières, une coopération régionale est essentielle. «On considère habituellement cette pollution comme un problème affectant les zones urbaines, mais notre travail en Chine et en Inde nous a appris que les polluants présents en dehors de ces zones nuisent aussi à la qualité de l’air en ville. Par exemple, les engrais azotés, l’incinération des déchets solides et les résidus de récolte sont d’éventuelles sources de pollution. S’ajoutent à cela les poussières d’origine naturelle et celles qu’engendrent les pratiques agricoles ou touchant à l’eau ou aux terres. Transportées sur de longues distances par les tempêtes de sable et par le vent en général, elles présentent les mêmes risques pour la santé que d’autres particules. Une approche uniforme permettrait aux dirigeants de définir les actions à entreprendre en priorité pour le bien de la population, sur leur territoire et dans les pays voisins», précise-t-elle.

La pandémie de COVID-19, qui se prolonge, et les manifestations incessantes du changement climatique accentuent les défis à relever. Cependant, en prenant les mesures adéquates pour identifier les problèmes de pollution atmosphérique et les solutions à leur apporter, les pays peuvent avancer à grands pas vers la résolution collective de ces difficultés. Avec pour résultats très tangibles une meilleure santé de leur population, un renforcement de leur économie et une amélioration générale de l’état de la planète, conclut la directrice.

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