Relance économique.. Les PME ont besoin de mesures immédiates

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Après la fin de la crise sanitaire, commence une crise économique dont l’ampleur est considérable. Pour faire face à cette crise, le Maroc a annoncé un engagement fort pour la relance économique, le soutien des banques pour l’octroi de financements massifs auprès de tous les segments des entreprises, privées et publiques, afin de préserver l’emploi, réduire fortement les crédits inter-entreprises, et restaurer la confiance. Mais qu’en est-il aujourd’hui de la concrétisation de ce «plan» de relance ?

Dès le début du mois de mai, le ministre des Finances a annoncé des mesures de relance économique affirmant une réorientation de l’effort de l’Etat vers un appui aux différents secteurs en difficultés comme le tourisme ou encore le secteur des transports aérien, terrestre et maritime. Il s’agit d’indemnisations des salariés du secteur formel des entreprises en difficulté, dont des centaines de milliers d’entreprises et des millions de salariés ont bénéficié, de versements des aides financières au profit des ménages opérant dans le secteur informel à plus de 85% de l’ensemble de la population éligible, soit 3,7 millions de ménages.

Pour les particuliers, l’Etat et le secteur bancaire ont pris en charge l’intégralité des intérêts intercalaires, générés par le report des échéances des crédits logement et consommation pour la période s’étalant entre mars et juin 2020, et ce, pour plus de 400.000 personnes, dont les revenus ont baissé.

Les entreprises ont été soutenues par le crédit trésorerie, Damane Oxygène en faveur des Très Petites Entreprises (TPE), des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI), qui a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2020, et pour lequel aucune sûreté n’est exigée. Les entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de 500 Mdh par an vont bénéficier d’un dispositif approprié pour le financement de la relance.

Sans ces mesures de soutien, la situation aurait été plus grave. Mais ces mesures doivent être complétées par d’autres encore plus importantes pour sauver des entreprises et des emplois.

En effet, beaucoup de PME se trouvent dans une situation de défaillance grave à cause d’un manque de trésorerie dû à la perte du chiffre d’affaires, d’une part, et des difficultés de recouvrement, de l’autre. La seule solution qui leur est offerte est le Crédit Oxygène qui a déjà bénéficié à plus de 20.000 entreprises et 420.000 dossiers pour près de 12 milliards de DH. Celui-ci qui peut être transformé en crédit à moyen terme par un report des échéances de crédit, ou en un crédit pour le financement du fonds de roulement. Sous cette forme, cette aide constitue pour les PME un endettement supplémentaire. La sortie de crise consiste à redémarrer leur activité et rattraper difficilement celle des mois perdus, et à trouver des solutions de paiements de leurs échéances mises en suspens depuis 4 mois. Il faut donc aider les entreprises à dépasser ce cap pour éviter leur faillite et la perte d’emplois qui s’en suivrait. Car une entreprise qui n’a pas de trésorerie, puisqu’elle n’a pas encore relancé son activité, ne pourrait pas faire face à ses échéances fiscales mises en suspens depuis mars. Elle ne pourra pas non plus payer début juillet la TVA, l’IR et les charges de la CNSS des 4 deniers mois tout en recommençant à prendre en charge la totalité de ses salaires et de ses autres charges courantes. Sa seule solution est de s’endetter encore et encore ! Alors même que les banques refusent d’accorder aux PME des crédits de trésorerie pour payer les impôts arguant que celles-ci doivent en demander le report, qui se traduirait par un crédit envers l’Etat. La PME n’a donc que la solution de cumuler des dettes pour sortir de la crise.

Malheureusement, «il n’y a aucune raison pour que les déclarations fiscales ne soient pas faites», a précisé au Conseil de la CGEM le ministre des Finances, M. Benchaaboun. «Il faut distinguer entre le report des déclarations et des paiements, en laissant l’ouverture d’un examen de la situation des entreprises en difficulté au cas par cas pour que le règlement s’effectue de manière plus adaptée».

Il reste à savoir si cette ouverture pourra aboutir à un abondement par l’Etat des impôts dus sur les trois mois d’arrêt d’activité des PME.

K. FAKHIR

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