Entretien avec M. Mohamed Amine  Bekkali, Directeur général du CRI de la Région de Beni Mellal Khénifra.

Google+ Pinterest LinkedIn Tumblr +

  Dans cet entretien, M Bekkali met l’accent sur l’investissement  dans la région de Beni Mellal Khénifra. Malgré quelques contraintes, le CRI conjugue des efforts considérables pour fluidifier davantage l’acte d’investir .

Comment se porte l’investissement dans la région de Béni Mellal-Khénifra ?

Je peux dire que grâce à la mise en œuvre de la réforme des CRI, à la mise en place de la Commission Régionale Unifiée d’Investissement et au déploiement de la plateforme digitale de gestion des projets d’investissement CRI-INVEST, la Région a pu réaliser de très bonnes performances en matière d’investissement, malgré le contexte difficile marqué par la crise sanitaire.

Au titre de l’année 2020, la CRUI a pu examiner 208 dossiers d’investissement, principalement en visio-conférence en respect des mesures préventives, et a validé 133 dossiers, soit une augmentation de 68% par rapport à l’année 2019.

Ces projets mobiliseront un investissement global de près de 10 milliards de Dirhams et permettront de créer à terme plus de 5600 emplois directs permanents.

Cette tendance haussière semble se confirmer au début de l’année 2021, puisqu’au titre des deux premiers mois de l’année, la CRUI a déjà validé 35 dossiers d’investissement soit presque le double du nombre de projets validés à la même période de l’année 2020.

Je rappelle que la Commission Régionale Unifiée d’Investissement présidée par Monsieur le Wali de la Région Béni Mellal – Khénifra, traite les dossiers d’investissement dans un délai moyen ne dépassant pas 12 jours, contre un délai légal fixé par la loi 47-18 qui est de 30 jours. Je tiens à cette occasion à remercier tous les membres de la CRUI qui sont mobilisés pour le traitement des dossiers d’investissement en toute célérité et professionnalisme.

 

 

Quels sont les secteurs qui s’en sortent le mieux dans le contexte actuel de la pandémie Covid-19 ?

Tous les secteurs d’activités ont enregistré une augmentation des investissements validés, ce qui marque une très grande confiance des investisseurs dans la capacité de la Région et du Royaume en générale à dépasser les effets de la pandémie.

Cependant les deux secteurs qui ont réalisé les plus grandes performances en matière de montants d’investissement approuvés sont les secteurs de l’industrie et des énergies renouvelables.

Pour le secteur industriel, il s’agit particulièrement des industries agro-alimentaires qui connaît une grande dynamique dans la Région grâce à la mise en place de l’agro-pôle, et le lancement du Fonds Régional d’appui à l’investissement et de création d’emploi au niveau de l’agro-pôle, qui est géré par le CRI et qui est mis en place par le Conseil Régional, que je remercie pour cette initiative et pour tous ses efforts visant la promotion de l’investissement.

Et puis il y’a également les industries chimiques et para chimiques qui sont boostées par les investissements de l’OCP au niveau de la Région.

Pour le secteur des énergies renouvelables. La CRUI a validé en 2020 deux grands projets de centrales hydro-électriques.

Et puis par la suite on trouve les secteurs du tourisme, des BTP et des services, notamment dans les domaines de la santé, des loisirs et de l’enseignement privé.

Quels sont les freins majeurs à l’investissement dans la région ? Que fait le CRI pour les lever ?

Comme toutes les autres régions, il y’a certains défis à relever pour fluidifier davantage l’acte d’investir, structurer l’offre régionale destinée aux investisseurs et améliorer le climat des affaires dans la Région.

Le premier défit sur lequel nous travaillons est lié au foncier qui constitue l’une des principales problématiques rencontrées par les investisseurs.

Sur ce registre, nous travaillons en collaboration avec tous les acteurs régionaux, sur différents dispositifs permettant de mobiliser un foncier adapté à mettre à la disposition des investisseurs ;

Premièrement par la mise en place des zones aménagées, qu’elles soient industrielles ou d’activités économiques ou logistiques.

Deuxièmement, la conception d’une plateforme digitale de solutions foncières permettra de recenser et de présenter aux investisseurs les opportunités foncières surtout liées au foncier public.

Et puis, nous avons entamé une démarche au niveau de la Région pour récupérer le foncier public affecté et non valorisé, afin de le mettre à la disposition des investisseurs.

Une autre problématique sur laquelle nous travaillons, en collaboration avec les Agences Urbaines, est relative à l’adaptation des documents d’urbanisme afin d’assurer le maximum de flexibilité nécessaire pour faciliter l’approbation des projets d’investissement productif en cohérence avec les orientations urbanistiques de ces documents.

Y a-t-il des opportunités qui pourraient embellir les perspectives à court et moyen termes ? (Banque de projets d’import-substitution entre autres)

Plusieurs actions structurantes sont en cours de mise en œuvre cette année, pour la promotion de l’investissement, les démarches sont entamées pour la mise en place d’une plateforme d’accueil des startups industrielles au niveau de l’agro-pôle, qui sera un tremplin entre l’université et le monde industriel, et qui permettra de booster la R&D pour la création des projets industriels à forte valeur ajoutée.

Le CRI publiera prochaine des études qui concernent l’ensemble des secteurs et des branches d’activités, qui permettront aux investisseurs d’avoir plus de visibilité et de données sur la situation et les perspectives d’évolution au niveau des secteurs dans lesquels ils souhaitent investir.

 

 

 

 

 

 

Concernant la Banque de projets, combien de projets ont été proposés par les investisseurs de la région et quel est le nombre de ceux qui ont reçu l’aval de la “war room”.

Nous travaillons en étroite collaboration avec la Direction Régionale du Commerce et de l’Industrie pour accompagner les investisseurs afin de bénéficier de l’appui de la War room. Sept projets industriels ont été déposés au niveau de cette war room et concernent plusieurs activités, que ça soit la fabrication d’emballages, de jus d’orange, d’électroménager, de machines agricoles … etc,

Nous espérons grâce à ces projets, instaurer une dynamique pour lancer des investissements à forte valeur ajoutée et qui permettront de répondre aux besoins du marché local, afin de réduire les importations, de contribuer à l’amélioration du solde de la balance commercial et d’instaurer des écosystèmes régionaux favorables au développement de l’industrie.

 

Quels sont les objectifs du CRI de Béni Mellal-Khénifra en  2021 ?

La première année 2020 a été consacrée notamment à la mise en place des structures en recrutant les ressources humaines disposant de profils adaptés aux exigences qui découlent des missions du CRIs.

Cette année a été également l’occasion de mettre en application les différentes procédures liées à l’investissement au niveau de la plateforme digitale CRI-Invest, en essayant d’instaurer un nouveau mind-set au niveau local en matière de gestion des dossiers d’investissement.

Pour l’année 2021, nous continuerons à travailler dans un cadre partenarial pour améliorer au maximum le climat des affaires et créer un environnement favorable pour l’investissement dans la Région.

Plusieurs chantiers sont programmés à ce niveau, surtout en matière de mise en place des plateformes digitales, la mobilisation du foncier, le lancement des fonds régionaux d’appui, l’accompagnement des TPME et la réalisation des études sectorielles.

Propos recueillis par SAID FRIX

Partager.

Votre commentaire