Inondation de TAROUDANT.. Quel drame! Quelles responsabilités

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Un match de football se termine en tragédie à Taroudant

Un match de football se termine en tragédie à cause des fortes intempéries enregistrées à Taroudant.  Sept personnes ont trouvé la mort et huit autres sont portés disparus, suite à la crue d’une rivière. Le drame est survenu mercredi en fin de journée dans la commune d’Imi Ntiyaret, dans le douar de Tizert. Les victimes, qui étaient rassemblées aux abords d’un stade construit sur le lit de la rivière, assistaient à la finale d’un mini-championnat entre les équipes de Tizert et de Tamjout Idawlimit, indique l’agence MAP. Un jeune de 17 ans figure parmi les victimes. Un des rescapés a été admis à l’hôpital de la municipalité d’Igherm. Il souffrirait de blessures à degrés divers de gravité. Selon la même source, une enquête sur les circonstances de ce drame a été ouverte par les autorités.

Le drame de Taroudant crée un vif émoi sur les réseaux sociaux

Le drame survenu à Taroudant a jeté les Marocains dans un grand émoi. Sur les réseaux sociaux, les internautes se partagent des vidéos où on voit des habitants attroupés dans les gradins de l’enceinte, ou sur le terrain, prenant la fuite. Suite à une montée violente des eaux, d’importantes coulées de boue ont poussé ces derniers à se réfugier sur le toit d’une terrasse. Ces images de la tragédie de Taroudant ont circulé à travers les portables et les réseaux sociaux provoquant une grande émotion.

La construction du terrain soulève des interrogations

La construction du terrain a été sujette à controverse au sein des habitants de la ville. Son emplacement au bord du lit de la rivière a suscité l’inquiétude de plusieurs personnes. Ces dernières ont mis en garde les personnes intéressées. Le 15 juillet, un internaute alertait déjà sur l’emplacement du terrain : «Les averses, qui surviennent dans cette région montagneuse peuvent tout détruire sur leur passage».

Alerte météo « spéciale» de la DMN

Dans un bulletin météorologique spécial, la Direction de la météorologie nationale (DMN) avait publié une alerte météo à 20h08 annonçant des «averses orageuses localement fortes, de niveau orange», attendues mercredi de 14h00 à 23h00 et jeudi de 11h00 à 23h00 dans plusieurs provinces du Royaume.

Ces averses, avait précisé l’alerte, s’accompagneraient par endroits de chutes de grêle et de «rafales sous orages». Taroudant était citée parmi les localités concernées, mais bien après que le violent orage a eu lieu.

Drame de Taroudant : Le dispositif mis en place

Suite aux inondations qu’a connues la province de Taroudant le 28 août, ayant causé la mort de sept personnes au douar Tizert, tous les services concernés ont été mobilisés depuis mercredi soir pour faire face aux effets de ces intempéries, précise un communiqué de la préfecture de province de Taroudant publié jeudi 29 août.

Il a été procédé, précise la même source, à la mobilisation de tous les moyens humains et logistiques. Les éléments de la Gendarmerie royale, des forces auxiliaires, de la protection civile et des agents et auxiliaires d’autorité, élus et société civile ont été mobilisés.

Au niveau des moyens logistiques, des engins et ambulances, en plus d’un hélicoptère, d’un avion de type «Defender» et d’une brigade cynotechnique, relevant de la Gendarmerie royale ont également été mobilisés dans le but de poursuivre la recherche de la personne disparue et d’apporter l’assistance aux citoyens en vue d’atténuer les impacts des inondations qu’a connues cette région, ajoute le communiqué.

La tragédie de Taroudant au menu du conseil de gouvernement du jeudi 29 août

Le drame qu’a vécu la province de Taroudant a été au menu du conseil du gouvernement du jeudi 29 août. Ce dernier a décidé de créer une direction pour la gestion des catastrophes naturelles. Pour que ce drame ne se reproduise pas, le gouvernement a adopté les mesures suivantes :

–  La création d’une direction centrale pour la gestion des risques des catastrophes naturelles au niveau du ministère de l’Intérieur.

– Le renforcement des systèmes d’alertes précoces

– La mise en place d’une carte exhaustive des différents sites à risque et partant la généralisation de l’adoption des documents d’urbanisation dans le monde rural

– Le renforcement de l’encadrement de domaine public hydraulique.

Catastrophes naturelles : le cadre juridique régissant les inondations est insuffisant

Dans le rapport de la Cour des comptes sur l’«Evaluation de la gestion des catastrophes naturelles», il ressort que le cadre juridique régissant les inondations. L’étude des différents textes et composantes du cadre de gestion du risque d’inondation indique que plusieurs enchevêtrements de compétences existent du fait de la multiplicité des acteurs publics et de l’absence d’une stratégie dédiée à la protection contre les inondations.

Les principaux textes qui constituent le cadre juridique de gestion des inondations sont :

– La Loi sur l’Eau 10-95 (Dahir n° 1-95-154 du 16 août 1995) qui a consacré une seule section de 4 articles à la « Lutte contre les inondations ».

– La Loi organique n° 14-113 relative aux collectivités.

– La Loi 12-90 relative à l’urbanisme.

– Le décret n°2-78-157 du 26 Mai 1980 fixant les conditions de l’exécution d’office des mesures ayant pour objet d’assurer la sûreté et la commodité des passages, la salubrité et l’hygiène publique.

– La circulaire conjointe du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Urbanisme n° 8 du 7 Janvier 2005.

L’étude du cadre juridique de gestion des inondations permet de relever que certaines règles relatives notamment à l’encadrement juridique de la gestion des plaines inondables ne sont pas prévues. De plus, le risque d’inondations n’est pas pris en compte dans les documents d’urbanisme.

L’absence d’une réglementation claire et précise applicable aux plaines inondables a eu pour conséquence principale une difficulté dans la délimitation des zones inondables lors de l’établissement des documents d’urbanisme. De plus, la non-définition des responsabilités en la matière fait que l’information n’est pas suffisamment partagée entre les différents intervenants.

Témoignage

        Ce qui s’est passé à Taroudant a débuté par un événement connu qui s’organise et dont personne ne se sent responsable. En effet, il y a trois niveaux de responsabilité : soit on l’approche par l’autorisation de construire, soit on l’approche par la procédure de voirie. Si les gens ont reçu l’autorisation de construire, c’est qu’il y a quelqu’un en dehors de la conformité. Quant à la construction, soit elle existe en fonction d’une autorisation de construire, soit de fait. Et dans ce cas, la commune a deux voies de responsabilité. Si la commune avait reçu le dossier de construire et donné son accord, c’est une faute grave. Si le terrain avait été construit sans l’autorisation de la commune, et que cette dernière n’avait pas réagi, c’est encore une faute plus grave.

Le deuxième niveau de responsabilité, c’est qu’il y a un événement qui s’organise. La question est de savoir qui a donné l’autorisation de l’organiser et quel est son accompagnement d’experts. Un événement organisé sans la Protection civile

Le troisième niveau de responsabilité concerne le comportement des habitants. Ces derniers n’ont pas la moindre idée sur le secourisme. Surpris, ils criaient ou prennaient des photos au lieu de secourir les victimes. Donc le troisième niveau concerne les gens. Il s’agit d’un site à risque. Ainsi dès les premiers signes de fortes pluies, on doit se préparer pour éviter un tel drame. En voyant les premiers signes d’orage, les habitants auraient dû quitter le site. Les gens doivent avoir l’idée de la sécurité rapide.

La charte de la commune rurale doit être revue. On doit faire son devoir, à savoir la sécurité des citoyens. Et la Protection civile doit faire également son travail. La loi des associations doit être également rectifiée dans le sens de la protection des citoyens.

En résumé: Cette catastrophe interpelle trois niveaux de responsabilité:

1- L’autorisation de construire et la police de voirie!

2- L’autorisation pour l’organisation de l’événement et le dispositif d’accompagnement!

3- La protection civile en matière d’information et formation  de secourisme

mais comme d’habitude, aucune responsabilité ne sera recherchée sous couvert « d’act of God » « القضاء والقدر »

 

Dr Abdelmajid EL HOR Président de la FédEC et DG du bureau de contrôle CAPEC

        Ce terrain devait être un marché de la commune. Quand on a été au syndicat des sociétés des forages de puits, dont je suis le président on a parlé de l’exploitation abusive des oueds et les constructions anarchiques à côté des oueds qui constituent un grand danger pour des habitants surtout ceux de la région de Souss parce que cette dernière est exposée aux orages et aux inondations, principalement l’oued Souss. Malheureusement, le versant de cet oued n’est pas proche.

Normalement l’emprise de l’oued dans la loi de 1999 est 5 mètres. Mais cette distance n’est pas suffisante. Cet oued est le lit majeur et c’est à la limite. J’ai été surpris d’autant plus que j’ai vu sur Facebook quelqu’un qui posté un article depuis 15 jours avant. Cet internaute avait mis en garde les autorités sur la construction de ce terrain

Pour les régions montagnardes ou celles qui se trouvent près des oueds, il faut adopter la politique de plantation d’herbes ou de plantes pour le maintien du sol. Il y a plusieurs techniques : soit les gabions, soit les enrochements ………. etc

Ali AGHAMM Hydrogéologue

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