Développement territorial : le Maroc mise sur une nouvelle gouvernance participative
Le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa politique de développement territorial. Dès la semaine prochaine, de vastes concertations seront engagées dans les 75 provinces du Royaume afin de concevoir la nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré. Une démarche inédite, fondée sur la concertation locale et la participation citoyenne, qui marque une évolution majeure dans la gouvernance du développement.
Selon le wali, directeur général des Collectivités territoriales au ministère de l’Intérieur, Jelloul Samsseme, cette approche traduit la volonté de placer le citoyen au cœur du processus décisionnel. « Ces programmes seront élaborés localement, en associant les élus, les administrations, la société civile et les populations », a-t-il indiqué lors du forum “MAP Town Hall”, organisé par l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) sous le thème « Un développement territorial intégré pour un Maroc émergent ».
Cette phase de conception reposera sur un diagnostic territorial précis, tenant compte des réalités et des besoins spécifiques de chaque province. L’objectif est de garantir une mise en œuvre rapide et efficace dès le début de l’année 2026.
Pour Mbarka Bouaida, présidente de l’Association des régions du Maroc, cette nouvelle approche incarne la concrétisation des principes de la régionalisation avancée prônés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. « Le Maroc avance résolument vers un modèle de gouvernance territoriale où la proximité, la participation et la responsabilisation des acteurs locaux deviennent la règle », a-t-elle souligné.
Mme Bouaida a par ailleurs insisté sur les défis à relever pour donner corps à cette vision : le désenclavement des zones rurales et montagneuses, la création d’emplois locaux et la valorisation des ressources propres à chaque territoire. « Il s’agit d’une opportunité pour repenser nos priorités et adapter nos politiques publiques aux spécificités régionales », a-t-elle ajouté.
De son côté, Abderrahim Ksiri, membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), a mis en avant le rôle stratégique de la concertation et de l’échange d’expertises dans la réussite de ce nouveau modèle. Il a rappelé que le CESE prépare une contribution nationale identifiant les leviers du développement durable à exploiter au niveau local.
Pour M. Ksiri, « les grands projets structurants doivent s’accompagner de projets territorialisés, conçus à partir des besoins exprimés par les citoyens ». Le Maroc, fort de la richesse de ses territoires et de son capital humain, dispose selon lui de tous les atouts pour faire du développement intégré un levier d’émergence nationale.
Le “MAP Town Hall”, nouvelle formule du forum de la MAP, se positionne désormais comme une plateforme de débat ouverte et constructive, réunissant décideurs, experts et représentants de la société civile. La première édition a connu la participation de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid.
Cette rencontre a mis en lumière une conviction partagée : le développement du Maroc passera désormais par les territoires, grâce à une gouvernance locale renouvelée, inclusive et tournée vers les aspirations concrètes des citoyens.
