Changements climatiques : Experts et jeunes leaders réunis à Essaouira pour penser la transition écologique

Le Congrès international sur les changements climatiques (CI2C-2025) s’est ouvert à Essaouira sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI. Plus de 50 experts du Maroc et d’ailleurs y débattent des solutions concrètes face aux défis du climat, avec un accent particulier sur l’Afrique, la jeunesse et la justice climatique.

Essaouira se transforme, le temps de trois jours, en un véritable laboratoire d’idées pour le climat. Jeudi, la 6e édition du Congrès international sur les changements climatiques (CI2C-2025) a réuni plus de 50 experts nationaux et internationaux, chercheurs, responsables publics, acteurs associatifs et étudiants autour d’un enjeu commun : inventer des solutions concrètes et durables pour faire face aux bouleversements climatiques.

Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet événement est organisé par le Centre International de Recherche et de Renforcement des Capacités (CI2RC) en partenariat avec l’Université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech et plusieurs institutions internationales. Ce rendez-vous s’inscrit dans la continuité des initiatives engagées par le Maroc pour faire de la transition écologique un moteur de développement équitable sur le continent africain.

La présidente du CI2RC, Khouloud Kahime, a rappelé dès l’ouverture que l’édition 2025 élargit la réflexion amorcée en 2024 autour de la décarbonation, en intégrant désormais les questions d’adaptation, d’atténuation, de résilience et de justice climatique.

« La COP29 a rappelé l’urgence d’un financement climatique renforcé pour les pays du Sud. Le Maroc, par sa position géographique et ses politiques pionnières, est bien placé pour devenir un pôle de solutions concrètes et transférables », a-t-elle souligné.

L’objectif est clair : accélérer la transition énergétique en Afrique tout en garantissant une répartition équitable des moyens et des savoirs. Cette approche s’inscrit dans le sillage des engagements internationaux pris lors de la COP29 à Bakou, qui a appelé à tripler les financements climatiques d’ici 2035.

Des réflexions stratégiques et multidimensionnelles

Pour Stéphane Pouffary, directeur général d’ENERGIES 2050, organisation partenaire de l’événement, le CI2C n’est pas une simple rencontre scientifique : « Ce congrès est une plateforme de coopération et d’innovation. Les discussions portent autant sur la science que sur les dimensions économiques, sociétales et géopolitiques de la transition écologique. »

L’ambition affichée est de produire des recommandations stratégiques qui seront portées à la COP30 de Belém, au Brésil, en novembre prochain. Le Maroc veut ainsi peser dans les négociations climatiques internationales, en apportant la voix des territoires vulnérables mais innovants.

Essaouira, avec son esprit de dialogue, son patrimoine universel et son ouverture, incarne à elle seule le message de ce congrès : concilier action locale et réflexion globale.

Le panel inaugural, consacré au thème « Climat et lien Eau-Énergie-Alimentation », a mis en lumière une évidence : ces trois dimensions sont étroitement interconnectées.

L’ancien ministre tunisien Chiheb Bouden a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée : « La sécurité hydrique, énergétique et alimentaire est indissociable. Ce système interdépendant doit être pensé comme une seule équation stratégique pour renforcer la résilience des territoires. »

Cette approche systémique s’impose face aux sécheresses récurrentes, à la raréfaction des ressources en eau et aux tensions sur les systèmes agricoles et énergétiques.

Des solutions concrètes pour les territoires vulnérables

Les discussions ont aussi donné la parole aux acteurs de terrain. Abdelhamid El Haj, responsable à l’ANDZOA, a présenté des initiatives concrètes dans les zones oasiennes et arides : pratiques agricoles durables, irrigation raisonnée, gestion participative de l’eau et préservation des écosystèmes fragiles.

Ces exemples démontrent qu’il existe des solutions locales reproductibles pour renforcer la résilience des communautés les plus exposées aux effets du changement climatique.

De son côté, Khalid Temsamani, directeur stratégique de la plateforme “Science Policy for Climate Urgencies”, a insisté sur le rôle structurant de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables dans la stratégie nationale de transition énergétique. Il a souligné que la planification intégrée et les partenariats internationaux sont indispensables pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.

L’une des particularités de cette édition est la place accordée à la jeunesse et aux futurs leaders climatiques. À travers la journée “Meet a Leader”, des étudiants marocains échangeront avec des personnalités internationales autour de trois thèmes clés : Mémoire et pont culturel, Vision et leadership et Impact et avenir.

Objectif : favoriser la transmission de l’expérience et inspirer la prochaine génération de décideurs, capables de transformer la recherche scientifique en action sur le terrain.

En fin de congrès, le “Prix CI2C de l’Excellence en Communication de la Recherche Climatique” récompensera de jeunes chercheurs marocains pour leur capacité à rendre la science accessible et mobilisatrice. Une initiative qui traduit la conviction que la transition écologique ne peut réussir sans mobilisation sociale et culturelle.

Essaouira, symbole d’un climat de coopération

Au-delà des panels et des discours, cette 6e édition du CI2C consacre la place du Maroc comme acteur majeur de la diplomatie climatique africaine. Le choix d’Essaouira n’est pas anodin : cette ville, connue pour son ouverture culturelle et son patrimoine mondial, devient une scène où s’inventent les alliances de demain face aux défis climatiques.

Les travaux se poursuivront avec des conférences plénières, des ateliers scientifiques et des immersions sur le terrain, autour de trois axes majeurs : décarbonation, résilience climatique et justice climatique.

À travers ce congrès, le Maroc réaffirme son ambition : faire de la lutte contre les changements climatiques une opportunité de coopération, d’innovation et de développement partagé. Essaouira devient ainsi un symbole d’un futur climatique fondé sur l’équité, la solidarité et l’action collective.

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