Transport : le Maroc accélère sur tous les fronts d’un chantier national colossal
Le Maroc n’en est plus à l’étape des promesses : il est entré dans celle de la réalisation. Lors du séminaire international tenu à Fès sur « l’accessibilité et la mobilité dans les zones urbaines et périurbaines », le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a souligné l’ampleur des mutations en cours.
Le pays avance selon une vision stratégique globale, alignée sur le nouveau modèle de développement, et orientée vers la durabilité, l’efficacité et l’intégration territoriale. Le transport, a-t-il insisté, n’est plus seulement un moyen de déplacement : c’est un levier structurant de la croissance économique et de la cohésion sociale.
Le fer s’impose comme le pilier central de cette transformation. Après le succès du train à grande vitesse entre Tanger et Kénitra, le lancement du nouvel axe Kénitra–Marrakech, long de 430 kilomètres, marque une nouvelle étape majeure. Ce projet reliera durablement le nord, le centre et le sud du Royaume, tout en renforçant la mobilité interrégionale.
À Casablanca, le Réseau Express Régional (RER), inspiré des modèles européens, vise à désengorger la métropole et à améliorer la connexion entre les zones urbaines et périurbaines.
Ces chantiers s’inscrivent dans une logique claire : bâtir un système ferroviaire à deux vitesses, combinant grande vitesse et desserte régionale, pour soutenir la compétitivité économique et renforcer la cohésion nationale.
La révolution ne se limite pas aux rails. Le transport aérien connaît, lui aussi, une expansion soutenue. En application des Hautes Orientations Royales, une stratégie ambitieuse à l’horizon 2030 prévoit de porter la capacité d’accueil des aéroports nationaux à 80 millions de passagers par an.
L’aéroport Mohammed V de Casablanca est appelé à devenir un hub continental, reliant l’Afrique au reste du monde.
Parallèlement, Royal Air Maroc étend sa flotte et consolide ses dessertes régionales pour améliorer la connectivité intérieure et renforcer l’attractivité touristique des différentes régions du Royaume.
Une vision à long terme qui place le Maroc dans la course aux nouveaux corridors aériens africains.
Dans les grandes villes, la modernisation des transports passe aussi par la rationalisation du fret urbain.
À Fès, le ministre a cité la zone logistique de Ras El Ma, qui s’étend sur 32 hectares en périphérie de la ville.
Cette plateforme permettra de regrouper et distribuer les marchandises hors du centre urbain, réduisant la congestion, les émissions polluantes et les coûts de transport.
Ce type d’infrastructure illustre la nouvelle approche marocaine : penser la logistique comme un instrument d’efficacité économique et environnementale.
Pour structurer l’ensemble, le ministère du Transport et de la Logistique prépare une charte nationale de la mobilité durable et inclusive à l’horizon 2035.
Cette charte servira de cadre de référence pour harmoniser les stratégies régionales, encourager les investissements et favoriser la coopération entre les acteurs publics et privés.
L’objectif est clair : instaurer une mobilité sûre, intégrée, équitable et respectueuse de l’environnement.
À l’approche de grands rendez-vous internationaux, notamment la Coupe du Monde 2030, le Maroc entend démontrer sa capacité à bâtir un système de mobilité moderne et résilient.
Loin d’être une succession de projets isolés, la transformation du transport marocain s’inscrit dans une vision de long terme : celle d’un pays connecté, ouvert sur l’Afrique et tourné vers l’avenir.
