Découverte historique au Maroc : le plus vieil ankylosaure du monde mis au jour dans le Moyen Atlas
Une équipe internationale de chercheurs, en collaboration avec la Faculté des sciences Dhar El Mahraz de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, a révélé une découverte paléontologique majeure dans le Moyen Atlas marocain. Il s’agit d’un squelette partiel de Spicomellus afer, identifié comme le plus ancien ankylosaure connu à ce jour et le premier jamais découvert en Afrique.
Jusqu’ici, ce dinosaure n’était connu que par un fragment isolé. La mise au jour de ce spécimen complet, désormais conservé au département de géologie de la Faculté des sciences de Fès, bouleverse les connaissances établies sur l’évolution de ces dinosaures cuirassés.
Une armure spectaculaire et unique
Le fossile présente une armure dermique d’une complexité inédite, avec des pointes cervicales atteignant 87 centimètres de long. Plus surprenant encore, l’animal possédait une queue en massue, un attribut que l’on croyait apparu bien plus tard, durant le Crétacé. Cette découverte remet donc en cause des décennies de recherches sur les mécanismes de défense des ankylosaures.
Selon les chercheurs, cette armure extravagante aurait pu jouer un rôle lié à la parade ou à la sélection sexuelle, avant même de devenir une arme contre les prédateurs. Une hypothèse qui ouvre une nouvelle perspective sur la trajectoire évolutive de ces dinosaures.
La science marocaine au premier plan
Le projet a été mené grâce à une collaboration étroite entre les paléontologues marocains – dont Driss Ouarhache, Abdessalam El Khanchoufi et Khadija Boumir – et le Muséum d’histoire naturelle de Londres. La préparation et la conservation du fossile ont été réalisées sur place, à Fès, garantissant la traçabilité et la qualité scientifique du travail.
Ce spécimen, enregistré sous le numéro d’inventaire USMBA 5 à 84, est désormais propriété de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah. Son étude consacre l’institution comme un acteur majeur de la recherche paléontologique en Afrique et à l’international.
Une porte ouverte sur d’autres découvertes
Pour les spécialistes, la découverte de Spicomellus afer n’est qu’un début. Les formations géologiques du Moyen Atlas pourraient encore receler d’autres trésors fossiles capables de réécrire l’histoire de la vie sur Terre.
