Crédit immobilier : le co-emprunt, une stratégie judicieuse

Pour augmenter la capacité d’emprunt et accéder à des taux plus avantageux pour l’achat d’une propriété, le co-emprunt semble être une stratégie judicieuse. En 2022, près de 7% des projets immobiliers ayant fait l’objet d’une simulation sur le comparateur de crédit immobilier en ligne Afdal.ma étaient envisagés en co-emprunt.

 

Même si cette part est en baisse depuis le début de l’année, cette solution présente des avantages et des inconvénients qu’il est impératif de prendre en considération pour toutes les parties impliquées. Cette stratégie nécessite donc une planification minutieuse et une évaluation complète des risques potentiels.

 

L’un des principaux atouts du co-emprunt réside dans sa capacité à augmenter la capacité d’emprunt des demandeurs. Les co-emprunteurs, en combinant leurs revenus et garanties financières, renforcent leur dossier auprès des établissements bancaires, leur permettant ainsi d’accéder à des prêts de plus grande ampleur. Cette approche se révèle très utile pour l’acquisition de biens immobiliers de haute valeur. Pour ce type de dossier, le prix moyen d’acquisition s’est établi à 2,6 millions de DH  en 2020 et 2,2 millions en 2021. Il est retombé à moins de 1,8 million de DH en 2022 et rebondit à plus de 3,1 millions de DH cette année.

 

D’après les données d’Afdal.ma, le niveau de revenus et la part d’apport personnel ont une influence significative sur le montant du crédit accordé aux co-emprunteurs. En effet, des revenus plus élevés et un apport personnel conséquent augmentent leur capacité d’emprunt et facilitent l’obtention de crédits plus importants. A titre d’exemple, l’apport personnel moyen pour ce type de dossiers s’est établi à 22% sur les trois dernières années avec un pic à 29% en 2021. Cette année, il s’affiche à 26%. Les banques peuvent aussi financer la totalité du prix du bien immobilier. Autrement dit, les emprunteurs n’ont pas besoin de mettre la main à la poche. Ici, il s’agit dans bien des cas, des biens de moins de 1,2 million de DH.

 

Selon les simulations réalisées cette année sur Afdal.ma, lorsque le projet inclut un apport personnel, le co-emprunteur prend en charge 59% du montant du crédit. Lorsque la banque finance 100% du prix du bien, la part du co-emprunteur est de 49%.

 

Généralement, pour assurer le succès de tout projet immobilier impliquant le co-emprunt, il faut faire preuve de prudence et de réflexion. Un co-emprunteur solide s’avère en effet un moyen efficace d’obtenir un prêt plus important mais aussi d’offrir une certaine tranquillité d’esprit à la banque. Car avec plusieurs emprunteurs, la banque est assurée que si l’un d’entre eux n’est plus en mesure de rembourser ses mensualités, l’autre co-emprunteur peut prendre en charge le remboursement du prêt. Cette approche réduit le risque, ce qui peut se traduire par des taux d’intérêt plus avantageux pour les emprunteurs, surtout lorsque l’un des co-emprunteurs présente un profil risqué avec des revenus faibles ou instables.

 

Toutefois, cette solution de financement présente des inconvénients qui doivent être soigneusement pris en compte. Par exemple, si le contrat de prêt inclut une clause de solidarité, cela signifie que chaque co-emprunteur est pleinement responsable du remboursement total du prêt. En cas de séparation ou de conflit entre les emprunteurs, cela peut entraîner des difficultés financières significatives. Si l’un des co-emprunteurs refuse de payer ses mensualités, l’autre se retrouve alors seul responsable du remboursement du prêt, ce qui peut poser problème si ses revenus ne sont pas suffisants pour assumer cette charge.

 

Les co-emprunteurs doivent donc prendre le temps de réfléchir soigneusement avant de souscrire un crédit immobilier en co-emprunt. Il est fortement recommandé de consulter un conseiller financier ou un professionnel du secteur immobilier pour appréhender pleinement les implications financières et juridiques du co-emprunt. Une communication claire et une compréhension mutuelle des responsabilités financières sont indispensables pour éviter tout désaccord potentiel à l’avenir.

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