ZLECAf : l’ASMEX mise sur la formation, la logistique et la prospection pour booster les exportations

La Confédération marocaine des exportateurs (ASMEX) amorce une montée en puissance significative en 2025 dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), avec une vision claire : faire du Maroc un hub régional incontournable pour le commerce intra-africain. Ce changement de cap s’incarne dans une série d’initiatives structurantes destinées à renforcer la compétitivité des exportateurs marocains et à mieux intégrer le tissu économique national à l’Afrique subsaharienne.

Des actions concrètes pour transformer l’ambition en résultats

L’ASMEX ne se contente plus de sensibiliser, elle passe à l’action. Plusieurs volets sont mis en œuvre depuis le début de l’année :

 Formation ciblée : des sessions spécifiques ont été organisées à Casablanca pour initier les entreprises marocaines aux règles d’origine et aux exigences douanières liées à la ZLECAf, un prérequis essentiel pour bénéficier des avantages tarifaires offerts.

 Missions économiques : l’ASMEX a piloté une mission de prospection multisectorielle en Angola, en juin 2025, axée sur les secteurs de l’agro-industrie, des énergies renouvelables et des infrastructures. D’autres initiatives similaires sont prévues vers le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana.

 Délivrance des certificats ZLECAf : en tant qu’organisme habilité, l’ASMEX délivre les certificats d’origine exigés par les accords de la ZLECAf. Depuis janvier, une hausse notable des demandes a été constatée, ce qui témoigne d’un intérêt croissant des opérateurs marocains pour le marché continental.

 Plaidoyer et diplomatie économique : la Confédération joue également un rôle de catalyseur en contribuant activement aux échanges entre les autorités marocaines, les institutions panafricaines et les acteurs du secteur privé.

Le Maroc, futur corridor logistique panafricain ?

Au-delà des actions immédiates, la stratégie de l’ASMEX s’inscrit dans une ambition plus large : faire du Maroc une plateforme logistique et commerciale au service de l’Afrique. Avec ses infrastructures portuaires de rang mondial (Tanger Med, Nador West Med, etc.) et sa connectivité croissante avec les marchés subsahariens, le Royaume dispose d’atouts uniques pour jouer un rôle pivot dans la nouvelle architecture économique africaine.

Pour Saloua Karkri Belkeziz, vice-présidente de l’ASMEX, « la ZLECAf ne doit pas être une simple zone de libre-échange sur le papier, mais un levier pour faire émerger une nouvelle génération d’exportateurs africains ancrés dans la compétitivité, l’innovation et la coopération Sud-Sud ».

Un défi structurel mais une opportunité stratégique

Si la ZLECAf ouvre des perspectives prometteuses, elle pose aussi des défis : harmonisation des normes, amélioration des chaînes logistiques, sécurisation des paiements, etc. Consciente de ces enjeux, l’ASMEX entend jouer un rôle de facilitateur entre les opérateurs marocains et les marchés africains, en développant des outils d’accompagnement, de veille et de networking.

L’année 2025 pourrait ainsi marquer un tournant dans la réorientation africaine de l’économie marocaine, avec l’ASMEX en fer de lance d’un mouvement où l’export devient un levier d’intégration continentale.

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