La coopération maroco-japonaise franchit une nouvelle étape avec la clôture, jeudi à la Cité des Métiers et des Compétences (CMC) de Rabat-Salé-Kénitra, d’un programme de formation dédié au traitement des déchets industriels. Fruit d’un partenariat entre l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), à travers son bureau ITPO Tokyo, et l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), ce projet a permis à 130 stagiaires de bénéficier d’un transfert direct de technologies innovantes en provenance du Japon. 

Cette formation, centrée sur l’utilisation d’incinérateurs sans fumée développés par la société japonaise CHUWASTAR Industrial Co., Ltd, s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et de développement durable. Elle a combiné cours théoriques dans trois établissements de formation professionnelle (CMC Rabat-Salé-Kénitra, CMC Casablanca-Settat et ISTA Jorf Lasfar) et immersion pratique auprès de l’entreprise ECOES SARL à Skhirat, partenaire opérationnel du projet.

« Ce programme, lancé pour la première fois en phase pilote l’an dernier, s’est élargi cette année pour toucher 130 bénéficiaires, dont 60 % de femmes », a déclaré la directrice générale de l’OFPPT, Loubna Tricha, en soulignant que cette initiative illustre la capacité de l’OFPPT à multiplier ses partenariats dans des domaines stratégiques tels que le traitement des eaux usées, les soft skills et la digitalisation de l’apprentissage.

Pour Sanae Lahlou, représentante pays de l’ONUDI au Maroc, ce projet reflète la volonté d’ancrer au niveau national des pratiques de gestion des déchets respectueuses de l’environnement. « Il permet à de jeunes techniciens spécialisés de s’approprier un savoir-faire japonais dans le recyclage des déchets industriels et médicaux, tout en consolidant des pratiques inclusives et vertes », a-t-elle souligné.

Les bénéficiaires, parmi lesquels Abdessamad Heddad et Fatima Goungaine, ont insisté sur l’importance de la complémentarité entre théorie et pratique, un facteur déterminant pour renforcer l’employabilité dans un marché encore marqué par des lacunes en matière de gestion des déchets.

Au-delà de la formation des apprenants, ce programme a également permis d’envoyer quatre formateurs marocains au Japon, afin de renforcer la durabilité et la pérennisation de ce transfert technologique.

Avec cette initiative, le Maroc se dote non seulement de compétences locales adaptées aux enjeux environnementaux, mais se positionne également comme un acteur régional engagé dans la transition écologique et l’économie circulaire. La remise des certificats aux stagiaires a marqué l’aboutissement de cette première promotion, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives de coopération internationale et d’innovation durable.