Pont à l’intersection de l’autoroute urbaine et le Bd Mohamed Assadis à Casablanca.. Un chantier qui manque de sécurité

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Le samedi 11 mai, après la prière d’Addohr dans une mosquée avoisinant le chantier, il a fallu quelques pas pour remarquer qu’un gigantesque engin de travaux publics est en train de casser du béton armé.

Les travaux de génie civil vont bon train sur le pont et sous le pont. À première vue, le pont dalle en BA est composé de quatre travées isostatiques. Sous le pont, des ouvriers au marteau-piqueur dégagent l’enrobage de la pile mitoyenne à la culée Nord vers El Kouria.

Pourtant, il n’y a aucune disposition de sécurité vis-à-vis de la population et des piétons qui circulent autour du chantier, un peu n’importe comment, ce qui peut causer des accidents. Il n’y a non plus aucune disposition de sécurité pour les ouvriers qui travaillent sous le pont. Aucun dispositif de soutènement de la pile. Aucun panneau d’affichage du chantier.

Selon la Réglementation, ce panneau devrait indiquer, avec adresse et téléphone : le MOA, le MOE, l’entreprise, la nature des travaux, le budget, le délai d’exécution, les Auxiliaires techniques de contrôle des travaux.

Pour rappel, l’AMP de 1952 , frappe de responsables in solidum, le MOA, l’entrepreneur et l’Architecte quant à l’affichage.              Ce qui est grave : Enlèvement enrobage de la pile porteuse mitoyenne culée Nord. Annulation confinement béton acier principaux. Le niveau de confiance (encore appelé fractil  accidentologique par les ingénieurs) est sur les lieux excessivement bas. Risque de sinistralité élevé.                                                           Il y a également un risque imminent de flambement des armatures verticales et effondrement de la travée du pont. En effet, le retrait de l’enrobage de la pile va occasionner le flambement des armatures. Comme le béton se travaille essentiellement en compression, à la différence de l’acier, qu’on travaille en traction. Le poids donc du tablier et des surcharges d’exploitation sont reçus par une pile dont la résistance à la compression est diminuée. Il aurait fallu des appuis provisoires pour reprendre la compression exercée. Pour rappel, le flambage est un phénomène d’instabilité courant dans les structures élastiques. Il est traduit par l’équation d’Euler  :  F= π2 x EI / lf 2. Dans cette formule, EI représente la rigidité et lf représente la longueur de flambement.

Ing. Smail SERBOUT
Ancien Elève Multi-Diplômé
EHTP-ENPC-CHEC-UPMC Paris
Praticien Ex. Enseignant Chercheur
Expert de Justice& Arbitre
Expert Associé CESS
Spécialiste Ingénierie Urgentiste& Management des Risques

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