Réchauffement climatique.. Les canicules causeraient des pertes économiques dans les secteurs de l’agriculture et de la construction

Google+ Pinterest LinkedIn Tumblr +

Dans une étude publiée lundi, intitulée «Travailler sur une planète plus chaude : l’impact du stress thermique sur la productivité du travail et le travail décent», l’Organisation internationale du travail (OIT) souligne que 80 millions d’emplois seraient supprimés d’ici à peine dix ans. D’après cette étude, qui se base sur le scénario d’une hausse de la température mondiale de 1,5 °C d’ici la fin du siècle, des températures supérieures à 35 °C couplées avec une forte humidité se traduiront par la perte de 2,2% du total des heures travaillées.

A l’échelle mondiale, les pertes économiques représenteraient 2.400 milliards de dollars. «Soit l’équivalent de l’économie du Royaume-Uni», précise Catherine Saget, co-auteur du rapport. Le premier secteur touché sera l’agriculture, qui emploie 940 millions de personnes dans le monde et devrait représenter 60% des heures de travail perdues d’ici 2030. Viennent ensuite le bâtiment et la construction, qui endosseront près de 20% de la perte de productivité. Mais l’industrie devrait aussi être perturbée.

D’autres secteurs seront concernés par cette menace, comme «les biens et les services environnementaux, le ramassage des ordures, les services d’urgence, les travaux de réparation, le transport, le tourisme, le sport et certains types de travaux industriels», énumère l’Organisation.

Sur la répartition de l’impact à travers le monde, l’agence indique qu’elle sera inégale. Ainsi, parmi les régions qui devraient perdre le plus d’heures de travail, l’OIT cite celles de l’Asie du Sud et l’Afrique de l’Ouest, où 5% des heures travaillées pourraient être perdues en 2030. Ce qui correspond respectivement à environ 43 et 9 millions d’emplois.

Dans son communiqué, l’agence précise que «ce sont les habitants des régions les plus déshéritées qui subiront les pertes économiques les plus importantes. Les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire inférieur devraient en souffrir le plus, surtout parce qu’ils ont moins de ressources disponibles pour s’adapter efficacement à la hausse des températures».

L’autre enseignement de cette étude : le stress thermique va toucher des millions de femmes, qui constituent la majorité de la main-d’œuvre dans l’agriculture de subsistance, et d’hommes qui sont prédominants dans le secteur de la construction, poursuit le document.

En outre, «l’augmentation des migrations, les travailleurs quittant les zones rurales à la recherche d’un avenir meilleur, pourrait être l’une des conséquences sociales du stress thermique», ajoute l’OIT.

Au regard de ce qui précède, «le rapport appelle à redoubler d’efforts pour élaborer, financer et mettre en œuvre des politiques nationales pour combattre les risques de stress thermique et protéger les travailleurs».

Comme le rappelle l’OIT, le stress thermique fait référence à une chaleur supérieure à ce que le corps peut tolérer sans subir de dommage physiologique. Et de préciser qu’il intervient généralement lors de températures supérieures à 35 °C, avec un fort taux d’humidité.

Partager.

Votre commentaire

Nos Partenaires