Pour le Président de l’AMBPE, Mohamed Khalid Lahlou, l’approche environnementale est aujourd’hui plus que jamais à prendre au sérieux 

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Par définition, l’industrie du Béton Prêt à l’Emploi se résume en la production du béton et sa livraison jusqu’au chantier. Au Maroc, cette industrie contribue au développement d’une filière organisée dans différents domaines : exploitation de carrières, transport des matériaux, transport du béton et prestations industrielles. Néanmoins, Au Maroc le taux de pénétration du BPE est de 13%, ce taux reste encore faible contre 1,5% en 1994, en comparaison avec la France : ce taux est passé de 15% en 1970 à 60% en 2017. Sachant qu’en Europe, cette industrie consomme en moyenne 50% du ciment produit (source ERMCO), appelé taux de pénétration du BPE, le reste étant repartit entre le béton préfabriqué (notamment les blocs, les planchers et les canalisations) et le ciment en sac utilisé pour des bétons ou mortiers de petite quantité.

A noter que Ceci étant et pour les professionnels marocains du secteur, notamment les membres de l’AMBPE, le BPE est appelé à se développer de manière rapide. Plus d’explications dans cet entretien avec M. Mohamed Khalid Lahlou, président de l’AMBPE.

BTP News : Peut-on avoir d’abord avoir une idée sur l’ancien mandat de l’AMBPE ?

M. Mohamed Khalid Lahlou : Ce qu’il faut savoir déjà, c’est que notre association date de quelques années seulement. Elle existe en fait depuis plus de 15 ans. Au sein de l’association, on a été affronté à des problématiques en rapport avec l’organisation, la gestion des dossiers et le suivi des actions importantes pour notre association. Avec l’arrivée d’un nouveau partenaire, cette problématique a été surmontée. Ceci dit, aujourd’hui, L’AMBPE est active, de plus en plus connue et de plus en plus sollicitée et participe à tous les événements en rapport avec le bâtiment en général, et les matériaux de construction en particulier. On a également adopté notre charte qui reste une initiative importante pour nous et continue de travailler d’arrache-pied pour mettre en place le « label AMBPE » qui va nous permettre de distinguer des autres opérateurs intervenant dans le secteur du béton prêt à l’emploi.

 Est-ce que ce label aurait-il une quelconque valeur ajoutée pour le secteur ?

Effectivement, le secteur est marqué par l’arrivée massive d’un certain nombre de bétonniers dont certains ne sont pas de vrais professionnels. Forcément, l’on assiste à des pratiques douteuses d’où notre préoccupation de professionnaliser davantage le secteur et le différencier de tout intervenant ne répondant pas aux bonnes règles de conduite en la matière. Certes dans ce cadre, la certification est un moyen, mais elle reste insuffisante dans la mesure où il est important de mener parallèlement des actions de sensibilisation sur la problématique de l’environnement, le marché du bâtiment…

Vous avez évoqué le mot environnement, une vraie problématique très collée au BPE. Qu’en dites-vous ?

Malheureusement, il n y a pas que ce problème là. Il y a le problème du voisinage, la surcharge des camions, la poussière…

Comment peut-on éviter ce genre de pratiques. Est-ce que vous avez une charte en la matière ?

Il y a justement une loi à respecter de prime à bord, notamment le respect de la contenance des camions. Ce qui est en mesure d’éviter le diversement du ciment transporté sur la voie publique. Et par rapport au lavage des citernes après livraison et nettoyage des camions sur la route, c’est effectivement un problème qui existe. Car tout simplement, la pratique de sous-traitance du transport de béton fait que le contrôle et le suivi du sous-traitant ne se font pas de manière régulière et assez professionnelle. C’est à dire qu’au moment de la signature du contrat de sous-traitance, il faut absolument introduire des clauses en rapport avec le respect de l’environnement, la voie publique et prévoir des espaces où les sous-traitants peuvent nettoyer les camions de manière étudiée à même d’économiser l’eau utiliser à cet effet. C’est très important à mon sens.

Le secteur du BPE reste impacté par une importante facture énergétique. En tant qu’association, avez-vous prévu des possibilités de substitution ?

En ce qui concerne la société que je dirige, je peux vous dire que dernièrement nous avons commencé à mettre en place la possibilité de substituer une partie de l’énergie à l’énergie solaire. On a une étude déjà faite où on va commencer par la possibilité d’introduire dans les horaires pleins le solaire, soit une économie d’énergie de 60%. Le coût d’investissement s’élève à 200 000 Dhs amorti à mon sens dans 7 à 8 ans. Les banques se veulent prédisposée pour un financement du genre. J’ai envisagé à mon égard à mettre en place cette approche environnementale dans les trois centrales de la société. Notre approche environnementale concerne également le recyclage des agrégats et l’économie de l’eau.

Pour ce qui est de la mise en œuvre du béton qui reste quand même problématique ?

Pour nous bétonniers, le moyen de mise en œuvre c’est le pompage. Notre rôle se limite à ce niveau. Le reste est du ressort de l’entreprise en charge du chantier. Il faut dire aussi qu’une partie du pompage est sous-traitée. C’est important de le souligner car il y a des entreprises professionnelles et d’autres qui le sont moins. Car ce qui arrive souvent c’est que lors du pompage, certains rajoutent de l’eau pour pouvoir pomper facilement et économiser du gasoil du fait de ne pas trop accélérer, ce qui impacte négativement la qualité du béton, soit une chute de résistance.

Quels sont les obstacles qui freinent le développement du secteur ?

Il y’a tout déjà le phénomène de l’informel constaté surtout en période de baisse de la demande. Mais ce qui nous porte atteinte, c’est surtout la marge, car le coût du ciment nous pousse souvent à pratiquer des marges très minimes. Cette marge pratiquée aujourd’hui ne permet pas d’investir dans le secteur.

Pourquoi justement nos centrales sont aujourd’hui dans un état pas tout à fait aux normes du marché, elles sont en fait salles, vielles et mal entretenues car tout simplement le béton ne permet pas de dégager suffisamment de marge pour pouvoir investir dans le matériel, dans les ressources humaines et l’encadrement. Pour être au niveau, il nous faut au moins une marge entre 140 et 150 DH. Ce qui est impossible aujourd’hui, même la loi ne permet pas de mettre les additifs dans le béton qui se fait ailleurs.

Comment le client final peut vérifier la qualité du BPE avant sa mise en place sur chantier ?

En effet, c’est que nous ambition nous dans le cadre de l’AMBPE à travers la mise en place d’un label. C’est un procédé en mesure d’assurer le client sur la notoriété du fournisseur labélisé et la qualité et le respect des mesures de ses produits.

Pour conclure, en choisissant un fournisseur membre de l’AMBPE, le client est assuré comme il se doit.

 

En Europe, Le trend haussier du BPE a été le cas dans tous les pays en construction d’infrastructure et de logement car le BPE permet :

  • Une production rapide du logement car le débit du béton, industriel, est beaucoup plus important que le béton produit par des bétonnières sur chantier
  • Une optimisation de l’espace sur chantier et des partes matières premières car plus besoin de stocker de grandes quantités de granulats, sables et ciment sur place.
  • Une pénibilité moindre des ouvriers par une réduction de manutention des matières
  • Une conformité du béton, mieux maitrisé par des industriels car disposant des moyens d’autocontrôle et respectant les dispositions de la norme marocaine du béton NM 10.1.008 notamment des spécifications souvent méconnues concernant la durabilité
  • Une livraison de béton à la maniabilité souhaitée pour une mise en œuvre aisée, sans avoir à faire des rajouts d’eau sur chantier, très préjudiciables pour la résistance du béton.
  • In fine, aux entreprises et aux promoteurs de se concentrer sur leurs cœur de métier

Pour cela, des contraintes sont à dépasser par des actions spécifiques :

  • Contrôle des résistances plus accru des bétons livrés sur chantiers par les laboratoires
  • Contrôle des spécifications de la norme concernant la durabilité
  • Mis à jour des CPS pour intégrer le respect de la norme marocaine du béton, qui plus est obligatoire
  • Arrêt de l’obligation des entreprises qualifié de classes supérieurs, de disposer de centrales à béton dans leurs parcs
  • Facilitation d’installation des centrales à béton, pour les industriels, en périphérie des centres urbains
  • Et généralement, par la vulgarisation des dispositions de la norme béton auprès des prescripteurs clés, à savoir les promoteurs, les BET, les architectes les bureaux de contrôles et les assurances

Pour cela l’AMBPE souhaite accompagner cette volonté et ses membres l’ont retranscrit dans une charte d’engagement (cf. charte jointe)

Un plan d’action a été lancé et intègre notamment l’échange avec les prescripteurs et l’information des consommateurs finaux (auto constructeurs et promoteurs) pour un meilleur choix du béton.

Entre autres actions, concernant les échanges, nous nous sommes engagés, notamment, dans deux tables rondes en marge du SIB pour échanger avec les différents acteurs du BTP et de l’Immobilier.

Concernant la formation, nous favorisons également le lancement du MOOC (Massive Open Online Courses) béton prévu en février 2018 et nous produirons également des vidéos de vulgarisation. Pour cela nous nous sommes associé avec la startup Welearn, ainsi que d’autres fournisseurs de matériau et de solution à destination du béton.

Nous réfléchissons à un label béton avant l’étape ultime qu’est la certification.

Pour accompagner toutes ces actions et d’autres, nous souhaitons fédérer autour des nous toutes les bonnes initiatives permettant de produire des bétons de bonne qualité, réguliers et durables.

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2 commentaires

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