France.. Deux architectes créent une plateforme pour donner une seconde vie à des matériaux de chantier

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Deux architectes ont créé une plateforme pour donner une seconde vie à des matériaux de chantier qui autrement auraient été jetés. Une solution qui mettrait fin au vaste gaspillage dont pâtit le secteur du BTP, premier producteur de déchets en France. Selon le ministère de l’Écologie, les activités du bâtiment et des travaux publics (BTP) ont généré 246 millions de tonnes de déchets en 2012, soit près des trois quarts des déchets produits en France.

«On jette énormément sur les chantiers, des matériaux qui pourraient pourtant avoir une seconde vie mais, faute de solution, terminent à la poubelle», déplore Marie-Charlotte Bersou, la cofondatrice et présidente de Readymader. «Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un marché à prendre, nous avons donc planché sur un système en mesure de réutiliser des matériaux de construction», ajoute l’architecte.

«Nous sommes en lien avec des architectes sensibilisés à cette cause qui nous préviennent lorsque des matériaux de qualité encore en état vont être retirés. Nous les proposons alors sur la plateforme. L’idéal est qu’ils soient vendus rapidement, si ce n’est pas le cas, nous les stockons dans un entrepôt en attendant qu’ils trouvent preneur», souligne-t-elle.

Il suffit aux particuliers qui souhaitent restaurer leur bien ou aux artisans de se rendre sur la plateforme pour acquérir les matériaux recherchés. Sur le site, il est possible de trouver du parquet en chêne massif, des tomettes, du carrelage, des carreaux de ciment, des baignoires, des cheminées, des poêles et même du papier peint. Jusqu’à présent, «les échanges se font entre les vendeurs et les acheteurs. À terme, nous proposerons un service de livraison et prélèverons une commission de l’ordre de 10%», fait savoir Marie Charlotte Bersou.

A noter que les biens proposés par Readymader sont géolocalisés sur une carte en Île-de-France. Les créatrices du site souhaitent ouvrir plusieurs entrepôts dans Paris et en proche banlieue pour limiter au maximum le transport des matériaux. D’autres acteurs proposent de mettre en relation des professionnels entre eux, pour aussi réhabiliter des matériaux de construction, à l’instar de la start-up parisienne Backacia, ou encore Minéka à Lyon.

Tous les déchets de chantier ne se retrouvent pas sur la plateforme. Les fondatrices de la plateforme sélectionnent des matériaux de grande qualité. Certains seront restaurés avant d’être proposés à la vente: un parquet en bois massif sera poncé, des tomettes nettoyées… Par ailleurs, des produits neufs commandés par erreur par des artisans – comme des fenêtres aux mauvaises dimensions – sont aussi mis en vente sur la plateforme à des prix bien inférieurs à ceux des circuits classiques.

Toute la difficulté est de sensibiliser le secteur, précisent les architectes. Elles se mobilisent ainsi pour alerter les professionnels et les inciter à s’investir dans la déconstruction. La passionnée souligne toutefois que certains artisans freinent des quatre fers. De fait, retirer méticuleusement un plancher pour pouvoir le réutiliser prend plus de temps que de le casser. Par ailleurs, les professionnels sont parfois réticents à utiliser des matériaux de seconde main dans la mesure où ils sont garants de leur pérennité.

Elles ont toutefois un argument de poids: ces habitudes pourront rapidement être rentabilisées. «En général, les maîtrises d’ouvrage acceptent facilement de nous donner des matériaux car cela leur évite des frais de destruction», souligne Marie Charlotte Bersou. Le réemploi des matériaux a donc de beaux jours devant lui.

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